Pour les adeptes de la raison pure, au-delà de cette limite, vos pensées ne sont plus valables...

Le triquetra symbole de la ternaire Divine

Ali Ibn Abi Talib :

"Le corps est purifié par l'eau, l'égo par les larmes, l'intellect par la connaissance et l'âme par l'amour."

Le triquetra symbole de la ternaire Divine

L'indispensable information pour une pensée créative

L'information brut sous forme de codage mathématique

Introduction :
L'information est omniprésente dans notre quotidien. Que signifie vraiment ce terme aux allures si familières ? Quelles en sont les sources ? Celle des médias est la plus courante dans nos esprits. C'est la voie exotérique, une information qui nous parvient sous une forme établie, et qui exige pour certains d'entre nous très peu d'efforts. Mais qu'en est-il de l'information qui émerge intérieurement, plus connue sous le nom d'intuition, qui relève de l'ésotérisme ?

La vie se compose d'informations, qui sont l'essence même de ce que nous désignons par le terme de Pensées. Elle se présente comme un paquet d'ondes qui nous parvient de l'extérieur ou émerge de l'intérieur, et dont nous avons pour tâche de lui donner une forme, de la matérialiser et de lui trouver un sens. La mécanique de la vie se manifeste selon un ordre créatif ternaire : invisible (spirituel), abstrait (intellectuel) et tangible (matériel). Ainsi, nos pensées, nos expressions et nos actions suivent cet ordre. L'information de base est une donnée brute, sans forme, n'étant qu'énergie en vibration. Il appartient à chacun de nous, en tant que récepteurs, d'en donner une signification.

Les sources

L'information provient de deux sources différentes : l'une intérieure, dite ésotérique, et l'autre extérieure, appelée exotérique.

  • L'intérieur ou ésotérique : La source intérieure se divise en deux canaux qui traitent les données émergentes et pures en provenance du principe créateur : le mental pour la partie relative et l'esprit pour l'absolu.
  • Le mental intellectuel : Son activité est axée sur la raison et la logique. Il donne à l'information une forme qui dépend du niveau de connaissance ou de conscience du penseur. Il puise dans la mémoire toute donnée antérieure, procède à une comparaison de ce qui lui semble similaire, et classe l'information dans une catégorie déjà en place. S'il ne possède aucune référence, alors il fait un déni et rejette la donnée par manque de conscience ou ignorance.
  • L'esprit : Cette fonction se manifeste entre autres par l'intuition et la spontanéité. Il saisit le sens des données reçues, qui est inclus dans l'information même. L'esprit adapte ces données au langage humain pour qu'elles soient en adéquation avec le niveau d'évolution, en puisant dans la raison les codes de fonctionnement. C'est l'inspiration du poète, de l'artiste, du scientifique, etc.
  • L'extérieur ou exotérique : Les sources extérieures sont nombreuses, diverses, riches et variées. De l'extérieur, nous recevons des informations dont la plupart ont déjà reçu leurs formes, car répétitives. Lorsque nous sommes confrontés à une information peu familière, elle demeure dans son état de paquet d'ondes, notre mental étant peu habilité à traiter ces données et à leur trouver un sens.
  • La proximité : La majorité de l'information nous est toujours transmise par des voies ou voix familières, et ses interlocuteurs lui donnent une forme à laquelle nous souscrivons généralement sans la remettre en question. Tous les intervenants partagent un point commun, celui d'être une source dite directe ou réelle. La source la plus influente dans ce monde contemporain est celle des médias : télévision, radio, journaux écrits, cinéma, publicité, etc. Le mental est plus à l'aise face à l'information provenant de l'extérieur, car celle-ci possède un grand nombre de données dans la mémoire individuelle comme collective. De plus, l'information a été transmise avec une forme établie ; il n'est pas nécessaire de faire l'effort de penser, de se prendre la tête, comme le pensent la majorité des humains. C'est du prêt-à-consommer, du fast-food de la pensée. Par conséquent, le mental a moins de difficultés à l'identifier.
  • La voie du cœur : Si l'individu a un certain niveau de conscience de lui-même et du lien qui le lie aux autres, et si le mode opératoire du penseur se réfère à l'unité, à l'universalité, à la vérité par l'utilisation du libre arbitre et de la connaissance, l'information en provenance de l'extérieur sera traitée avec plus de parcimonie. Il recherchera les liens en résonance avec le cœur, siège de la sensibilité et de l'Esprit. Imaginons que la sensibilité soit un spectre de couleur, que la raison ait pour charge la représentation des traits (formes), l'Esprit étant l'artiste chargé de l'œuvre à réaliser. Il choisira les formes et les couleurs en adéquation avec la pensée la plus harmonieuse que l'information porte.

Résumé de ce chapitre

L'In-formation : le préfixe "in-" signifie ici négation, donc "in-formation" évoque l'idée de "sans forme". À l'oral, le terme "information" s'entend également comme "un-formation", ce qui renforce cette notion d'unité. L'élément un représente cette unité, tandis que formation désigne une énergie, une onde en quête de forme.

C'est par l'intermédiaire de cet un (l'Esprit) que nous recevons l'information. En effet, l'information peut être définie comme un ensemble de données brutes qui, une fois traitées et interprétées, donnent sens à une réalité. C'est un peu comme des ingrédients d'une recette : ils sont présents, mais leur combinaison et leur transformation créent le plat final.

Enfin, c'est à travers notre mental—qu'il soit informé ou un-formé—que cette information prend réellement forme.

Nous avons ici deux sujets : le premier représente notre Esprit, qui diffuse les informations reçues intérieurement. Le second, l'in-formé, est analysé à travers le verbe former, qui indique qu'il a déjà une forme (formé).

Le sujet pensant (notre mental) devient un formateur ; il est celui qui a donné la forme aux pensées. Or, donner une forme à une information nécessite de posséder ses caractéristiques, ce dont le mental se préoccupe peu. Pour identifier l'information reçue, notre mental fait appel à celles déjà contenues dans notre mémoire. Nous effectuons des choix quant à la forme à lui donner, selon les individus, les époques, les cultures, les croyances, etc.

Pour une même donnée, celle-ci peut prendre des formes différentes et revêtir un sens distinct. Cela dépend de ce que l'on connaît déjà, c'est l'expérience ! Comme cela est majoritairement exercé dans les sociétés humaines, cette approche se fait par l'empilement des savoirs, qui, rappelons-le, ne sont que théoriques et non éprouvés.

En somme, par la voix du mental, nous empilons les éléments les uns sur les autres pour obtenir une cohérence entre eux, afin que cela nous semble logique. C'est le principe même du raisonnement déductif. Cela ne constitue pas une vérité pour autant ; ce n'est qu'une forme ou une demi-vérité parmi tant d'autres.

En résumé, l'information, lorsqu'elle est traitée simplement en recourant à sa forme externe, se révèle purement subjective et impersonnelle. Lorsque cette information est à nouveau interprétée et façonnée par l'esprit, elle prend alors une (Con)-forme propre à l'individu qui l'exprime, atteignant ainsi l'objectivité tant recherchée dans les débats.

Il est essentiel de noter que l'objectivité, tout comme la subjectivité dans les échanges, se manifeste à travers une certaine présentation des valeurs morales : l'objectivité est perçue comme une vérité, tandis que la subjectivité est souvent considérée comme des élucubrations personnelles. Cette dualité complique considérablement les débats et l'interprétation des sujets ou événements partagés.

Il convient de clarifier ces notions. L'objectivité peut être comprise comme l'objet en activité, un aspect qui se rapporte directement à des faits concrets. En revanche, la subjectivité, provenant du latin sub-, signifiant « sous », trouve ses racines dans la racine indo-européenne *upo, qui est également à l'origine du préfixe grec hypo- ainsi que d'autres mots dans différentes langues, tels que l'anglais "up" ou le tchèque "pod".

Ainsi, en résumé, la subjectivité représente ce qui se dissimule sous l'objet en activité. L'objectivité peut alors être perçue comme la substance ou l'apparence des choses, tandis que la subjectivité représente leur essence profonde. Dans cette dynamique, l'intellect commet souvent une erreur d'interprétation en accordant une valeur excessive à ce qui est immédiatement accessible. Toutefois, la dimension invisible du processus nous enseigne que la réalité est fondamentalement subjective.

La voie ésotérique

L'in-formation signifie l'un de l'absolu en formation, qui expérimente la création. En tant qu'êtres humains, êtres relatifs, nous essayons de comprendre le sens des messages que contiennent ces informations et de leur donner une forme cohérente. Pour ce faire, nous recherchons un langage commun que nous appelons objectivité, dont le terme objectif objet en est la source.

Par expérience, nous constatons la difficulté de nous mettre d'accord sur tous les sujets, tant nos origines, nos particularités génétiques, nos cultures, nos vécus, etc., semblent éloignés de cette hypothèse. La particularité, qui fait de nous des êtres uniques, ne semble pas en cohésion avec cette idée de l'un ou de l'unité de forme. L'universalité de nos valeurs morales est quelque peu divergente, non sur leur fond, mais sur leurs formes.

Nous nous querellons souvent sur la forme et délaissons le fond, toujours pour des raisons de particularité. En somme, nous refusons de reconnaître ce droit à la particularité pour l'autre, le revendiquant uniquement pour soi.

La particularité n'est pourtant pas unique, puisque tout le monde l'est. L'organisme vivant nous enseigne beaucoup sur ce qu'est un modèle de la singularité commune. Le corps humain est constitué de milliards de cellules, toutes autonomes et indépendantes les unes des autres. Vu par le mental, elles pourraient sembler d'un niveau de conscience supérieure, tant leur fonctionnement est homogène et synchrone. Elles opèrent les unes par rapport aux autres et dans l'intérêt de chacune.

La raison en est simple : elles ont un objectif comm-un et leurs unités, celui de former un corps. Car ce corps leur apporte tout ce qu'elles désirent pour vivre. Cependant, lorsque certaines cellules agissent comme des cellules cancéreuses, nous constatons un parallèle frappant avec l'égo. En refusant de se plier à leur devoir et en agissant uniquement pour leur propre intérêt, ces cellules perturbent l'équilibre de l'ensemble, menaçant la santé du corps. De même, l'ego, par ignorance, ne voit pas que son intérêt a pour source quelque chose de supérieur et ne sert que sa propre cause. Il refuse de comprendre qu'il est au service de la vie elle-même, ou de l'un.

Et l'objectivité dans tout ça ?

L'information, paquet d'ondes qui nous parvient soit de l'extérieur, soit qui émerge de l'intérieur, doit être donnée une forme et trouver un sens. Un sens qui devra être commun et recherché, sans que la singularité ou l'individualité soit remise en question.

La vie est comme un puzzle : une image fragmentée, divisée en centaines ou milliers de petites pièces aux formes et couleurs différentes (humains, animaux, végétaux, minéraux, etc.). Chaque fragment représente une vérité (une pièce) ! Il nous appartient de les rassembler pour voir son image intégrale. La difficulté majeure, à l'inverse d'un puzzle, est que nous ne disposons pas d'une image globale des pièces à rassembler. Les indices sont dissimulés, cachés, ombragés ; seule une conscience éclairée permet de percevoir les images que le monde matériel nous offre par sa manifestation. C'est nous-mêmes et l'ensemble des choses et des phénomènes que nous voyons. À ce stade, l'enjeu n'est pas de savoir qui est vrai ou faux, bon ou mauvais, mais de déterminer la place de cette diversité, et c'est à chacun d'assumer la responsabilité de trouver la sienne.

La société : La société ne permet pas d'avancer ; elle passe le plus clair de son temps à rabattre les cartes ou les pièces, sans jamais tenir compte de la globalité. De même que l'ego, par sa particularité, ne cherche pas la voie de ce qui rassemble, donc ce qui est global, mais s'attache uniquement à l'individualité.

La société est l'ensemble des individus qui la constituent, mais c'est la société qui forme l'individu et non l'inverse. Croire, comme c'est souvent le cas, que l'unité est simplement l'addition des individus ou que la force d'un pays repose sur l'adhésion large de ses citoyens à ses symboles est une croyance désuète aujourd'hui. Ceci n'était valable que dans un monde où la société s'organisait sur un rapport basé sur la domination et la ruse. C'est une vision purement émotionnelle et mécanique de la vie.

L'unité est une valeur absolue, reconnue par à peu près tous. En revanche, les moyens mis en œuvre pour y parvenir peuvent être sources d'insurrection, car la société dans laquelle l'individu évolue peut le contraindre, l'étouffer et l'empêcher d'exprimer son individualité, ou plus exactement de s'accomplir selon ses aspirations.

L'individu : Pour reprendre la métaphore du puzzle, dans le réel de la vie, les pièces sont l'individu lui-même, qui cherche à comprendre à quelle image, par sa forme, sa couleur, ses goûts, etc., correspond son aspiration. Ce n'est qu'une fois qu'il aura saisi ce qu'il est qu'il pourra chercher avec quelle autre pièce il pourrait s'ajuster, créant ainsi un effet communautaire au sein des sociétés.

Or, la société est rigide : elle demeure dans une vision unitaire, celle de la domination, de la ruse, de l'asservissement, de la conquête de territoires, de l'avoir, du toujours plus, etc. C'est une vision idéologique et naïve qui rappelle la représentation que certains religieux avaient de Dieu : un patriarche au sommet de la pyramide qui dicte la loi, loi qu'on a sécularisée dans une société dite areligieuse depuis des millénaires.

Or, Dieu c'est justement notre puzzle à réaliser, et il nous appartient de le rassembler pour qu'il puisse exister dans le sens de le matérialiser, autrement dit de l'observer sous ses différentes formes de manifestations. La vie (Dieu) est un miroir brisé dont il faut rassembler les morceaux pour le reconstituer si l'on désire voir son image. La foi est le chemin sur lequel les morceaux ont été parsemés, tandis que L'amour est la colle qui permet de les unir les uns aux autres.

Dans cette quête, prendre le chemin, trouver les morceaux, et les assembler nécessite d'abord de comprendre comment est organisée la société et quels sont les outils qui nous permettront de mieux chercher et identifier les morceaux.

Conclusion

En définitive, l'information, en tant qu'outil de transformation, nous guide dans notre quête de compréhension de l'unité divine, ou l'Un en formation. Chaque individu, à travers ses expériences et ses perceptions uniques, contribue à rassembler les pièces de ce puzzle complexe qu'est la vie. Il est essentiel de respecter le libre arbitre de chacun, car c'est par ce choix personnel que l'on nourrit l'individualité tout en cherchant l'harmonie collective. La société peut parfois étouffer cette dualité, mais c'est justement par le langage de l'information — portée par la foi et l'amour — que nous pouvons reconstituer le miroir brisé de notre existence. En valorisant le libre arbitre et en célébrant la diversité, nous participons à l'émergence de cette unité tant désirée, où chaque morceau a sa place dans le grand tout.