Entre Providence et Destin
- La Providence libère, le Destin asservit et la Conscience choisie librement entre les deux -
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Dans l’esprit collectif, l’absolu est souvent associé à "Dieu", considéré comme la référence suprême en matière de justice et de droit. Le droit naturel, perçu comme issu de la création de la vie et de la nature, est alors souvent en accord avec cette référence ultime. Cependant, cette conception peut conduire à des revendications qui, tout en étant légitimes selon leur propre logique, entrent fréquemment en conflit avec d’autres points de vue. Ce conflit met en lumière l’existence d’erreurs partagées et un manque de clarté dans leurs définitions respectives. Cela ne signifie pas qu’une règle ou une norme est plus juste qu’une revendication, mais que la source du différend réside essentiellement dans l’absence d’une Vérité absolue. En réalité, celui qui établit une règle ne détient pas une Vérité ultime, mais agit plutôt selon une vision subjective et limitée.
Il est essentiel de distinguer deux concepts fondamentaux, souvent confondus ou mal compris : le droit naturel et le droit pénal. Le droit naturel se réfère à l’ensemble des principes et droits que l’on croit inscrits dans la nature humaine ou issus de l’ordre créé par la vie et l’univers. Il est perçu comme une norme intemporelle, en accord avec l’absolu ou la "Vérité" ultime, et sert souvent de référence pour juger ce qui est juste. En revanche, le droit pénal est un corpus de règles élaborées par la société pour définir ce qui constitue une infraction, établir des sanctions et assurer l’ordre social. Contrairement au droit naturel, il est construit par l’homme, évolutif, dépendant des contextes culturels et historiques, et donc moins absolu et plus sujet à interprétation.
Ce contraste met en lumière que, même si le droit naturel prétend refléter une norme supérieure, en réalité, ni l’un ni l’autre ne détient une Vérité absolue. Cela nous enseigne que nos règles et principes sont le fruit d’interprétations humaines, faillibles et contingentes. En conséquence, il ne faut pas chercher à imposer une vérité ultime, mais plutôt reconnaître la relativité de nos conceptions de justice. La véritable sagesse pourrait alors résider dans l’humilité face à cette complexité, en acceptant que nos systèmes sont toujours incomplets et susceptibles d’évoluer avec notre compréhension.
Une antinomie apparaît alors : d’un côté, la revendication du droit à la différence et à l’égalité, qui découle de cette vision du droit naturel ; de l’autre, la nécessité de règles précises et concrètes pour organiser la vie en société. La proclamation des droits de l’homme de 1948, par exemple, a été révisée pour mieux responsabiliser les individus, en supprimant certains paragraphes liés à une conception trop abstraite du droit naturel.
Un exemple concret illustre cette tension : un joueur de basketball, grand par nécessité, pratique son sport selon les règles. Cependant, un individu de petite taille, revendiquant son droit naturel à l’égalité, pourrait demander que la hauteur du panier soit modifiée pour compenser sa taille, arguant qu’il ne peut être responsable de sa condition. Cette revendication soulève alors la question : jusqu’où peut-on modifier la nature ou le corps pour répondre à des standards sociaux ? La société valorise-t-elle certains traits physiques ou compétences, au point d’inciter à des transformations médicales ou artificielles ? Et dans ce contexte, le droit doit-il protéger ou limiter ces revendications, qui peuvent parfois aller à l’encontre de la responsabilité individuelle ou de la nature humaine ?
Il est important de préciser que mon propos ne vise pas à mettre en cause une corporation, une société ou une culture en particulier. Mon objectif est plutôt de dénoncer cette structure hiérarchique, cette organisation pyramidale qui incite à considérer la "hauteur" ou la "supériorité" comme un idéal à atteindre. C’est cette obsession de gravir les échelons, de se positionner au sommet, qui alimente cette vision d’un progrès constant vers une hauteur symbolique, souvent en déconnexion avec la réalité humaine et ses diverses particularités.
Ce modèle, basé sur une hiérarchie où ceux qui possèdent davantage ou dépassent une norme deviennent des modèles ou des mythes, contribue à renforcer un ordre où la différence est perçue comme une faiblesse ou une déviance à corriger. Pourtant, cette obsession de hiérarchisation pousse à nier la valeur de chaque individu dans sa singularité, en valorisant uniquement ce qui est perçu comme "haut" ou "supérieur".
Il est essentiel de différencier deux notions souvent confondues : "réussir dans la vie" et "réussir sa vie". La première, "réussir dans la vie", renvoie à une vision extérieure, à une réussite selon des critères sociaux, matériels ou institutionnels. Elle repose souvent sur une hiérarchie, une échelle de valeurs imposée par la société — gagner de l’argent, atteindre un certain rang, posséder des biens ou des titres.
En revanche, "réussir sa vie" implique une approche plus intime et personnelle. Il s’agit de trouver un sens à sa propre existence, d’aligner ses choix avec ses valeurs, ses aspirations et ses particularités. C’est une réussite intérieure, qui ne se mesure pas forcément en termes de statut ou de possessions, mais en épanouissement, en authenticité et en harmonie avec soi-même.
Ce paradoxe soulève plusieurs questions : comment peut-on réclamer la même chose tout en revendiquant en même temps le droit à la différence ? La particularité, la singularité, la différence évoquent toutes le non-"identique". L’égalité, quant à elle, est le contraire de ces notions.
Dans cette optique, la revendication du droit à la différence ne doit pas être perçue comme une contestation de l’égalité, mais plutôt comme une reconnaissance de la diversité humaine. Cependant, cette revendication peut entrer en conflit avec la volonté de certains de standardiser ou d’uniformiser pour atteindre un idéal de "hauteur" ou de "supériorité" sociale, souvent nourri par une structure hiérarchique pyramidale.
Pour pousser cette réflexion à l’extrême, imaginons qu’un individu de petite taille, passionné de basketball, souhaite ardemment pratiquer ce sport à un haut niveau. Si le cadre social valorise fortement cette discipline, cet individu pourrait faire appel à la médecine ou à des interventions médicales pour augmenter sa taille, afin de répondre à ce qui serait perçu comme un besoin légitime ou une nécessité d’existence dans cette société.
Ce qui est frappant, c’est que cette démarche ne répond pas forcément à un besoin réel : il possède déjà des qualités que les grands n’ont pas, comme une agilité, une rapidité ou une technique particulière, qu’il pourrait mettre à profit. Mais dans une société où la valeur est accordée à la taille pour la pratique du basketball, cet individu ressent une pression sociale et un besoin d’adaptation à cette norme. En d’autres termes, sa revendication n’est pas purement biologique ou naturelle, mais fortement influencée par la valeur sociale attachée à cette discipline.
Ce paradoxe soulève plusieurs questions : jusqu’où peut-on modifier la nature ou le corps pour répondre à des standards sociaux ? La société valorise-t-elle certains traits physiques ou compétences au point d’inciter à des transformations médicales ou artificielles ? Et dans ce contexte, le droit doit-il protéger ou limiter ces revendications, qui peuvent parfois aller à l’encontre de la responsabilité individuelle ou de la nature humaine ?
Pour aller à l’extrême dans cet exemple, l’individu de petite taille, ayant un réel désir de pratiquer ce sport, pourrait faire appel à la médecine pour augmenter sa taille, même si ce n’est pas un besoin vital. Tout cela, en dehors de ses facultés naturelles et de ses qualités personnelles, qu’il pourrait valoriser davantage. La société valorise souvent la hauteur ou la réussite extérieure, ce qui pousse certains à modifier leur corps ou leur environnement pour y répondre. Mais jusqu’où peut-on aller dans cette manière de répondre à des standards imposés ? La responsabilité individuelle doit-elle primer sur ces revendications sociales ou médicales ?